Rendre Visible l’Invisible est un collectif d’associations, sans affiliation à un parti politique, mobilisées autour du 17 octobre, Journée mondiale de lutte contre la pauvreté. Depuis 2017, nous organisons à cette date un événement pour donner la parole à ceux qui vivent la misère et mettre en lumière leur situation. Cependant, la lutte contre la misère et les inégalités est un combat constant. C’est pourquoi en 2019, nous voulions prendre le 17 octobre comme un point de départ vers la formation d’un groupe de réflexion et d’action actif toute l’année.

Voici un historique de notre Front depuis la Journée mondiale de lutte contre la Misère 2019.

17/10/2019 – Le Grand Bazar Social-Climat

 Comme tous les ans donc, le 17 octobre 2019 était la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté. Mais, sous un angle précis : le changement climatique, la perte de biodiversité ou la diminution des terres agricoles sont des bouleversement capitaux qui risquent d’entraîner les personnes les plus pauvres dans des difficultés supplémentaires. Le constat est donc clair : enjeux climatiques et sociaux sont liés et doivent être considérés comme tels.
Nous voulons faire savoir que si nous voulons pouvoir « habiter demain quelque chose d’habitable », il faut commencer par éradiquer la pauvreté.
L’ensemble des partenaires ont rassemblé quelques propositions de mesures politiques qui ont été présentées et débattues à cette occasion. Cette journée lança une vaste assemblée permanente de discussions et de propositions sur les connexions qui existent entre « fins du mois » et « fin du monde ».

Quelques uns de ces mesures transformées en affiches


Et concrètement, que s’est-il passé ?

À partir de midi, nous avons investi l’espace public avec une série d’ateliers autour des Halles Saint Géry. Ces ateliers étaient autant d’activités, de points d’information et de sensibilisation sur des aspects particuliers du thème du jour. Nous avons ensuite organisé trois forums dans le centre de Bruxelles, les « Grands Bazars », chacun centré sur une thématique sociale et ses liens avec les questions environnementales. La journée fût suivie par un moment central de chaque 17 octobre : la prise de parole publique de personnes en situation de pauvreté qui témoignent de leur vécu.
L’événement s’est terminé par une chorale et une parade aux lanternes, en écho à celle organisée à Namur par le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté.

Retour sur un des forums Grand Bazar : Le forum HABITER

Un groupe de citoyens engagés et concernés par les questions de précarité s’est réunis pour organiser ce forum autour de la question brûlante suivante : comment habiter le monde ensemble demain ? Trois lettres collectives articulant témoignages et revendications ont été écrites et lues pour lancer trois pistes de réflexion qui ont rythmé le débat :

17 novembre : le front s’organise

Après le 17 octobre dernier, un premier rendez-vous a été fixé un mois plus tard à toute personne désirant s’engager avec Rendre Visible l’invisible. On y est, on se rencontre et on s’organise dans les locaux de ART2WORK ! Comment faire avancer le collectif ? De quelles informations avons-nous besoin ? Qui manque-t-il autour de la table ? Quelles priorités dans les mesures à défendre et les choix de nos objectifs ? Quelles stratégies, quel plan d’action ?

Voici un résumé de la plume de Paul Hermant :

« Il n’y a qu’un 17 octobre par an, mais il y a douze 17 dans l’année… C’est à partir de cette évidence qu’un certain nombre d’actrices et d’acteurs du Grand Bazar social-climat d’octobre dernier ont décidé de poursuivre et de démultiplier leurs rencontres. Douze par an jusqu’à la prochaine journée mondiale de lutte contre la pauvreté (et contre ce qui la provoque) … La première assemblée du 17 novembre dernier – c’était un dimanche – a rassemblé une quarantaine de personnes dont beaucoup vivent la pauvreté au quotidien.
Objectif ? Se donner le temps et les moyens de penser le climat à partir de la pauvreté et pas le contraire, comme c’est le cas aujourd’hui. Car même si l’on proclame partout que « fin du monde et fin du mois » sont un seul et même combat, cela dépend surtout par quel bout on prend les choses… Pour nous, c’est clair : il faut d’abord établir un socle de droits et de moyens qui empêcheront que, dans une humanité aux ressources finies, les pauvres paient doublement l’addition de ce qu’ils n’ont pas consommé. Les quatre premières mesures qui seront étudiées et mises en action par le collectif « rendre visible l’invisible » sont l’individualisation et l’automatisation des droits, la révision du bail permettant le renom sans justification et le passage de la politique du sans-abrisme des Affaires sociales au Logement. » 

17 décembre : le front soutien l’action du Réseau Wallon de lutte contre la pauvreté autour du statut cohabitant

Le 17 décembre 2019, après avoir rédigé notre contrat de groupe au fil des bon conseil de Margaux du Pivot. Le front rejoint le Réseau Wallon de lutte contre la pauvreté pour marquer son soutien à la manifestation contre le statut de cohabitant à la gare centrale organisée par le réseau. C’est lancé, cette mesure est le premier chantier du front pour les quelques rencontres #17 à venir !

Il y a 20 ans l’ONU interpellait déjà la Belgique sur le statut de cohabitant. À l’époque, l’interpellation se basait en partie sur la discrimination envers les femmes. Notre objectif est de rappeler que ce statut n’est pas juste et de revendiquer l’individualisation des droits. Nous le voyons comme un rappel avant la formation du gouvernement. C’est aussi l’occasion de rappeler le rapport ‘Durabilité et pauvreté’ 25 ans après le 1er rapport, basé sur concertation avec les personnes les plus pauvres.

17 janvier : le front approfondie sa position face au statut cohabitant

Un troisième rencontre dans les locaux des Acteurs et Actrices de Temps Présents, riche :

  • de témoignages, partagés par Nicolas pour le récit Germain et de Mélanie pour le récit de Marie-Anne.
  • d’invités qui partagent leurs connaissances : Le Service Interfédéral de lutte contre la Pauvreté nous a présenté sa mission. Le Front Commun des SDF nous a quant à lui expliquer le concept d’individualisation des droits.
  • d’idées : créer une exposition avec les photographies demandées par l’administration aux cohabitants pour prouver leur statut.
  • de prises de positions et pistes à creuser : faut-il lier les droits au registre national plutôt qu’à l’adresse de référence ? La remise en cause du statut de cohabitant ne va pas à l’encontre du fait qu’il faut promouvoir la cohabitation ! Quel est le coût des mesures qu’on revendique ? Il faut lutter contre les incohérences légales qui favorisent des interprétations différentes par les CPAS !

17 février : le Front passe à l’action !

C’est à LAMAB qu’a lieu la 4e rencontre du front Rendre Visible l’Invisible. Plusieurs groupes de travail se mettent en place pour ouvrir différents chantiers liés à la suppression du statut de cohabitant et à l’accès aux droits sociaux par le registre national plutôt que par l’adresse de référence. Voici l’objectif de chaque groupe :

  • réfléchir aux limites de la proposition. Oublie-t-on des gens ? Comment font les sans-papiers qui n’ont pas de numéro de registre national ? L’accès aux droits par numéro de sécurité nationale (accessible à tout le monde) peut être un complément à la demande.
  • réunir les arguments climatiques. C’était l’occasion de faire un historique des relations entre social et climat et d’examiner ce que nous pouvons faire à notre niveau. Voici un texte résumant nos recherches sur ces deux dimensions
  • rédiger la demande d’une étude coûts/bénéfices de la mesure à l’IWEPS (institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique). Cette étude serait chargée de mesurer l’ impact social (stress, problèmes liés à l’isolement), l’impact des bas revenus sur la santé, l’impact sur les émissions de CO2 ou la gestion des ressources (eau, énergie, équipement…) et l’impact sur l’économie liée au coût des contrôles.
  • concevoir la campagne pour l’appel à photos et témoignages autour du statut de cohabitant. dont voici quelques visuels pour appeler à contribution :

17 mars : le Front s’adapte au confinement

La rencontre du 17 mars dernier à été annulée à cause du début du confinement. Nous avions prévu le lancement d’une réflexion autour d’une nouvelle mesure à défendre : celle du passage de la question du sans-abrisme du ministère social au ministère du logement.

Faute de rencontre possible, le comité de pilotage du Front s’est réuni pendant le mois de mars et avril pour poursuivre les activités du groupe en imaginant des actions de mobilisation et de réflexion ne nécessitant pas de réunion physique. Le Front a notamment soutenu divers actions, comme par exemple la Journée Internationale des Luttes Paysannes, en créant une e-mobilisation sur sa page Facebook.